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mardi 18 mars 2014

Voyage astral, beauté fatale



Olie me parlait de voyages astraux. Des types en méditation assise qui, ayant atteint on ne sait quel état de supra-conscience, se retrouvaient à flotter à cinquante centimètres au-dessus de leur propre corps. L'exercice, me dit-il, consistait à progressivement s'éloigner de son enveloppe charnelle pour aller explorer d'autres mondes, d'autres sphères et qui sait croiser d'autres corps astraux en goguette. Le tout étant d'acquérir suffisamment d'expérience et de sang-froid pour regagner à volonté son corps déserté.

Jyel, me raconta-t-il, avait eu à ce propos une expérience malheureuse et avait failli être condamné à errer dans les limbes, faute de corps qui l'attendait en bas… Commençant sa méditation sur un remblai de terre au bord d'un chemin, il avait mené à bien son évaporation et s'entretenait avec une lointaine connaissance quand une sensation étrange, comme une vague meurtrissure, lui intima de réintégrer fissa sa carcasse. Sur la terre du chemin, il trouva son corps renversé et livré à une meute de chiens sauvages qui se pourléchaient les babines en lui entamant les jarrets…

Olie avait planté ses yeux dans les miens, guettant l'effet de son improbable anecdote.
"Mais… dis-je au bout d'un long moment de silence, où vont-ils ? Que cherchent-ils à voyager comme ça ? Tu sais, moi aussi je sors de mon corps, chaque nuit que je ne dors pas. Je reste comme ça, allongé, je me concentre et je vais retrouver ses yeux. D'abord je les imagine, puis je les vois, distinctement, comme si je les survolait de très près. Ils s'entrouvrent pour moi, ces yeux merveilleux de noir profond où scintille toujours un point de lumière — australe —, même dans les instants les plus frileux; des ombres y passent aussi, tout un théâtre d'ombres plus fantastique encore que celui de Java. Ils racontent tant d'histoires, si tu savais… Récits à l'encre noire et pure, farouches, malicieux, rêves éblouissants et désirs enfantins que la pudeur retient suspendus à un haussement de sourcil. Ils t'invitent aussi à inventer des histoires qui n'existent pas, pas encore, à explorer les profondeurs de son âme — boréale. D'autres ont-ils su fouiller la boue du monde pour honorer ce joyau ? Pourvu !"

Parfois tout se trouble soudain, les images s'évaporent, ne restent que les contours, et la frange des cils comme des rideaux tirés. Puis de nouveau la nuit, le néant. Le gémissement d'un chien, dehors, des murmures, me ramènent doucement à cette chambre, à cette natte où mon corps inerte aspire à petites lampées mon songe d'astrale beauté. Il est temps de regagner cette chair vaine. Qu'importe… Je repartirai, d'une patience angélique. Je me coucherai, chaque nuit, au seuil des ses yeux, jusqu'à ce qu'ils me fassent grâce de s'entr'ouvrir à nouveau…

"J'ai trouvé la beauté, Olie, et je ne la lâcherai pas. Elle peut être volatile, changeante, cruelle, elle peut prendre le masque de la plus ignoble horreur, de la plus complète indifférence, de la bêtise et de l'insignifiance, je n'aurai de cesse que de la débusquer, toujours et partout. J'y donnerai ma vie."


Toutes les nuits, d'ici et d'ailleurs.




mardi 11 septembre 2012

Attica Blues


















Sur la route d’Attica
Avec My sifflotant
Nous eûmes pour prison
La cage d’un ascenceur
Incarcérés, archi-serrés
Too tight, O Mama !
Chanta le grand Archie
Mais l’air avait tourné
Le vent éventé
La furie étouffée
La révolte matée
Blasé !


Là tout près
Au recoin de la nuit
Brillent d’amère nostalgie
Les yeux de My
Où la petite fille
De l’Aube sereine
A la voix de fausset ?

Ne pleure pas
Avec toi
Même enfermé
Dans le temps figé
Je n’aurais pu rêver
Plus douce compagnie
Allons ! prenons malin plaisir
A tromper notre ennui

Dans la grande nuit moite
Monsieur Archie
Prit un dernier solo
Et nous les escaliers

jeudi 23 décembre 2010

Décembre…


Achetez du cannabis antiflic et découvrez des prisons exceptionnelles!
Offrez aux banlieues des sites internet et des grèves de la faim.
Faites du lobbying en achetant des chèques-cadeau-chômage, une bonne résolution à prix violé.
Cultivez pendant les fêtes une idée condamnée au marketing, minée d’enfance top spéciale politique.
On l’accuse à cinq ans d’un colis piégé dont il dénonce l’ouverture.
On souhaite l’atrocité à prix coûtant sur la piste joyeuse et simple de Noël, avec le scrupule anarchiste de se faire plaisir sans se faire avoir.

Cut-up de Noël, truffé de messages publicitaires et d'infos véritables, décembre 2010